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Qu’est-ce que la méthode Nie Ji 捏脊 ?

La méthode Nie Ji 捏脊 est une technique de massage issue de la médecine traditionnelle chinoise, utilisée depuis des siècles en pédiatrie pour réguler le fonctionnement énergétique des organes, faire circuler l’énergie dans les méridiens et harmoniser les flux du sang et de l’énergie. Son objectif fondamental est de rétablir l’équilibre du yin et du yang, socle de la bonne santé de votre enfant.

Pratiquée aussi bien en prévention qu’en accompagnement de certains maux du quotidien, elle est accessible à tous les parents et peut s’effectuer directement à la maison.


Les origines historiques de Nie Ji

Les premières traces écrites de cette technique remontent au IVe siècle, sous la dynastie des Jin orientaux (316 – 420 après J.-C.). C’est le médecin Ge Hong qui en fit la première description dans son ouvrage 肘后备急方, que l’on peut traduire par « Prescriptions d’urgence à garder sur soi ». Dans le chapitre consacré aux douleurs abdominales, on peut y lire :

拈取其脊骨皮,深取痛引之,从龟尾至顶乃止,未愈更为之
« Du bas vers le haut, saisir la peau qui recouvre la colonne vertébrale afin de soigner des douleurs de ventre soudaines. »

Au fil des dynasties, de nombreux ouvrages consacrés aux soins des enfants ont repris et enrichi cette méthode, qui est devenue une technique fondamentale du massage pédiatrique chinois, le Xiaoer Tuina.

Le Docteur Feng Quan Fu (1902–1989), issu d’une lignée de médecins pékinois vieille de 150 ans, était l’un des plus grands spécialistes de Nie Ji. Durant toute sa carrière, il commençait systématiquement ses traitements pédiatriques par 5 passages de cette méthode — ce qui illustre à quel point elle est considérée comme fondamentale, même par des praticiens de très haut niveau.


Sur quels méridiens agit Nie Ji ?

La méthode Nie Ji agit principalement sur deux méridiens situés dans le dos :

Le méridien gouverneur – Dumai

Appelé « la mer de l’énergie yang », le méridien gouverneur longe la colonne vertébrale. En le stimulant, on régule l’énergie et le sang de l’ensemble des méridiens yang du corps, ce qui renforce l’énergie vitale et l’immunité naturelle de l’enfant.

Le méridien de la vessie

Ce méridien circule de chaque côté de la colonne vertébrale. On y trouve les points Shu du dos, en relation directe avec les cinq organes (poumons, cœur, foie, rate, reins) et les six viscères. En stimulant ce méridien, on agit sur l’ensemble des fonctions organiques du corps.

En pratiquant régulièrement Nie Ji, il est possible d’augmenter l’énergie yang, de rééquilibrer les organes et de tonifier l’énergie et le sang, améliorant ainsi la condition physique générale de votre enfant.


Quelles sont les indications de Nie Ji ?

Le système digestif

Le système digestif de l’enfant est naturellement fragile dès la naissance. Des erreurs alimentaires, des aliments transformés, trop sucrés ou trop riches en protéines peuvent, sur le long terme, provoquer une insuffisance de la rate et de l’estomac. Cela se manifeste par un manque d’appétit, des selles anormales (trop molles ou trop dures), des ballonnements, des douleurs abdominales ou des vomissements. Nie Ji permet d’agir directement sur ces déséquilibres.

L’appareil respiratoire

Selon la médecine chinoise, c’est l’énergie défensive diffusée par les poumons qui nous protège des agressions extérieures. Cette énergie est en étroite relation avec la rate. Chez les enfants fragiles qui tombent souvent malades, souffrent d’infections ORL récurrentes ou d’angines à répétition, Nie Ji permet d’agir directement sur les poumons, la rate et l’énergie yang pour renforcer progressivement leur immunité.

Les troubles du sommeil

En médecine chinoise, on dit que « lorsque l’estomac n’est pas en harmonie, on ne peut pas dormir tranquillement ». Les enfants souffrant de ballonnements, de crampes d’estomac ou de douleurs de ventre présentent souvent des pleurs nocturnes et un sommeil perturbé. En améliorant les déséquilibres digestifs grâce à Nie Ji, on agit indirectement sur la qualité du sommeil.

L’énurésie

Chez les enfants qui souffrent d’énurésie et qui ont tendance à beaucoup transpirer, Nie Ji est particulièrement indiquée. Ce problème est souvent lié à une insuffisance d’énergie yang, qui se répercute sur les fonctions énergétiques de la vessie et des reins, provoquant des urines fréquentes. En stimulant l’énergie yang via Nie Ji, on peut agir positivement sur ce déséquilibre.


Comment pratiquer Nie Ji à la maison ?

Préparation

  • Vérifiez que vos ongles sont bien coupés pour ne pas blesser la peau de votre enfant.
  • Dénudez entièrement le dos de votre enfant.
  • Allongez-le sur un lit ou une surface plane, ou installez-le assis sur une chaise.
  • Assurez-vous que la température de la pièce est suffisamment chaude.
  • Appliquez un peu de talc ou de poudre pour bébé le long de la colonne vertébrale pour éviter les frottements.
  • Profitez-en pour lui raconter une histoire ou lui masser doucement le dos afin de le détendre avant de commencer.

Technique – Première méthode (index en appui)

technique massage Nie Ji dos enfant médecine chinoise

Joignez vos deux mains et placez le dos de vos deux index contre la peau du bas du dos de votre enfant. Avec vos deux pouces, venez saisir la peau située juste au-dessus, comme pour la pincer légèrement entre pouce et index. À tour de rôle, faites remonter vos deux mains en roulant la peau entre vos doigts, du bas du dos jusqu’à la nuque.

Technique – Deuxième méthode (pouces en appui)

Il suffit d’inverser la position des doigts : les pouces sont en appui sur la peau et les index viennent saisir la peau par-dessus. Le geste de remontée reste identique.

La technique avancée : Nie San Ti Yi 捏三提一

Une fois à l’aise avec le geste de base, vous pouvez utiliser cette variante pour renforcer la stimulation des points d’acupuncture : après avoir saisi la peau à trois reprises en remontant, tirez légèrement vers vous à la quatrième prise. On répète ce cycle — trois prises, une traction — tout le long de la colonne.


Durée et fréquence du massage

À chaque séance, effectuez 5 à 6 passages du bas du dos jusqu’à la nuque. Vous pouvez masser une à deux fois par jour, idéalement le matin et/ou le soir. Si vous ne pouvez le faire qu’une seule fois, privilégiez le matin. Une séance de 5 à 6 passages ne prend pas plus de 3 à 5 minutes.

Pour la prévention (notamment aux changements de saison) : pratiquez 5 jours consécutifs, faites une pause, puis recommencez si besoin.

En cas de déséquilibre avéré (après avis médical) : vous pouvez effectuer jusqu’à deux séries de 5 jours avec une pause de 2 jours entre les deux séries.


À quel âge peut-on pratiquer Nie Ji ?

Les meilleurs résultats sont obtenus entre 3 mois et 7 ans. Il est toutefois possible de continuer jusqu’à l’âge de 12 ans. Au-delà, la peau étant moins sensible et les tissus plus denses, la stimulation des points d’acupuncture n’est plus suffisamment efficace par cette méthode.


Contre-indications et précautions

  • Ne pratiquez pas Nie Ji si votre enfant présente des lésions cutanées sur le dos (plaies, eczéma, etc.).
  • Évitez de masser juste après un repas : attendez au moins deux heures.
  • Ne pratiquez pas cette méthode en cas de maladies hémorragiques ou de purpura.
  • En cas de hernie, cette méthode est contre-indiquée car les pleurs éventuels de l’enfant pourraient aggraver l’état.
  • En cas de doute, consultez toujours votre médecin ou votre praticien en médecine chinoise avant de débuter.

Important : Nie Ji est un outil de prévention et d’accompagnement. Lorsque des symptômes apparaissent chez votre enfant, votre premier réflexe doit rester de consulter un médecin.


Reportage vidéo : Nie Ji, une méthode pour les enfants (CCTV)

Ce reportage a été diffusé en 2011 dans l’émission « Médecine chinoise » sur la chaîne chinoise CCTV. Il a été tourné dans le service pédiatrique de l’hôpital Dong Fang, rattaché à l’université de médecine chinoise de Pékin. La vidéo est en chinois, sous-titrée en anglais.

Pour visionner la vidéo : cliquez ici (le chargement peut prendre quelques secondes, suivi d’une publicité en chinois d’environ 60 à 90 secondes). La vidéo débute après la publicité, soyez patient.

Pour les personnes qui ne parlent pas anglais, voici la traduction complète en français de l’ensemble des échanges.


Première partie : témoignages de deux mamans

Voix off : Masser votre enfant avec les deux mains lui fera du bien.

Petit garçon : « C’est tellement agréable que j’ai envie de m’envoler. »

Voix off : On pourrait croire qu’il est en train de savourer son massage, mais en fait il est en train de se faire soigner.

Docteur Wu : « Par l’intermédiaire de la méthode de massage Nie Ji, on va arriver à renforcer la rate, tonifier les poumons et les reins. »

Voix off : Une médecine facile, qui peut aussi se pratiquer à la maison. Ce reportage a été effectué en 2011, dans un service de l’hôpital Dong Fang qui dépend de l’université de médecine chinoise de Pékin. Beaucoup d’enfants viennent ici pour être soignés avec certaines techniques spéciales issues de la médecine chinoise. Les médecins effectuent des massages sur les différentes parties du corps des enfants — leurs petits bras et leurs petites mains. Mais c’est surtout sur le dos qu’est appliquée une technique de Tuina. Tous les enfants reçoivent ce genre de massage plusieurs fois.

Reporter : Qu’est-ce que tu ressens ?

Fang Zi Mo : « Ça fait du bien. »
Petit garçon : « C’est vraiment une sensation agréable. Ça fait tellement de bien que j’ai l’impression que je pourrais m’envoler. »

Voix off : Mais pour cette petite fille qui est plus jeune, alors même que le médecin ne l’a encore presque pas massée, elle commence déjà à pleurer. Serait-ce possible que cette méthode fasse si mal ?

Madame Liu : « Elle n’a pas mal. Depuis qu’elle est petite, elle est effrayée par les hôpitaux, elle a juste peur. En réalité je lui fais ce massage chaque jour. Quand j’oublie, c’est elle-même qui me rappelle de la masser. Elle dit elle-même qu’après le massage, elle se sent mieux. Mais dès qu’elle monte sur ce lit, dès qu’elle rentre à l’hôpital, elle commence à pleurer. »

Madame Yang : « À chaque fois elle me demande : « Maman, je veux que tu me masses le dos. » À chaque fois c’est comme ça. Suite à sa demande, je la masse un petit coup. Après le massage, elle a une sensation de bien-être. »

Madame Fang : « Pendant le massage, elle se sent vraiment bien. Elle me demande de lui en faire un chaque soir après le bain. »

Voix off : Cette jeune fille qui pleurait pendant son soin s’appelle Qi Jing Wei. Elle n’a pas encore trois ans. Si elle est terrifiée par l’hôpital à ce point, ce n’est pas sans raison.

Madame Liu : « Depuis qu’elle est petite, elle n’est pas en très bonne santé. Elle souffre facilement de chaleur excessive qui se reporte sur sa gorge et l’enflamme — une fois chaque mois. C’est comme ça depuis qu’elle a quelques mois jusqu’à aujourd’hui, cela fait maintenant plus de deux ans. On ne cesse de faire des allers-retours à l’hôpital, c’est devenu comme la maison. »

Voix off : Comparée à Qi Jing Wei, la petite Fang Zi Mo, qui a maintenant sept ans, est vive, pleine d’entrain et d’énergie. Mais il y a un an, elle aussi était une patiente qui faisait beaucoup de souci à sa maman.

Madame Fang : « À chaque fois qu’il y avait un changement climatique, elle avait un rhume. À ce moment-là, elle commençait à avoir les amygdales enflammées. Après 10 jours, alors même que ça commençait à aller mieux, si le temps changeait, alors cela recommençait. Elle prenait des médicaments tout le temps. »

Voix off : Mais alors que se passe-t-il vraiment avec ces enfants ? Madame Fang et Madame Liu ont cherché partout un traitement médical. Elles ont ensuite trouvé le Docteur Wu Li Qun de l’université de médecine chinoise de Pékin. Aux yeux du docteur, même si les cas de ces deux enfants peuvent paraître différents, le problème est le même.

Docteur Wu : « Pour les enfants qui ont entre deux et six ans, si dans une année ils souffrent plus de six fois d’une infection respiratoire, ou deux fois d’une trachéite ou d’une pneumonie, si en moyenne tous les deux mois ils sont enrhumés — alors ils souffrent d’infections récurrentes des voies respiratoires. »

Madame Liu : « Quand on mange, je dois prendre le bol et la poursuivre dans toute la pièce. À chaque bouchée, je dois la forcer. »

Madame Fang : « Elle ne mangeait pas, ce qui faisait qu’elle était toujours maigre. Comparée à d’autres enfants, elle était sûrement plus maigre de 2,5 kg. À l’école, elle faisait partie de ceux qui sont un peu trop maigres — elle n’était pas dans la norme. La couleur de sa peau était aussi un peu cireuse. »

Voix off : Plus elle tombait malade, moins elle aimait manger. Mais en ne mangeant pas, cela n’allait-il pas affaiblir encore davantage son système immunitaire ? C’était devenu un cercle vicieux qui rendait les mamans impuissantes.

Madame Liu : « Je pense que c’est parce que son corps est fragile et que son immunité est faible qu’elle est tout le temps enrhumée. On lui donne tout le temps des compléments alimentaires mais il n’y a pas de résultat. Je n’ai plus envie de toujours lui donner des médicaments — en plus j’ai peur que cela lui nuise. »

Madame Fang : « Je pensais trouver une méthode qui puisse la faire manger correctement, quelque chose qui puisse renforcer son corps, juste ça. »

Docteur Wu : « Dans ces conditions spécifiques, on va préconiser ce type de traitement externe, pour arriver à complètement soigner la maladie — tout en évitant les difficultés concernant la prise de médicaments. »

Voix off : Le Docteur Wu a donc préconisé à ces mamans la méthode Nie Ji — ce massage du dos le long de la colonne vertébrale.

Madame Liu : « Je n’avais pas vraiment imaginé qu’il puisse y avoir un résultat. Vraiment, je l’ai amenée juste pour essayer. »

Madame Fang : « Je l’ai d’abord amenée pour essayer. »

Voix off : De toute manière, sans piqûre et sans médicament, ça valait le coup d’essayer. Et après seulement quelques séances, des changements commencèrent à s’observer.

Madame Fang : « Après avoir effectué Nie Ji trois jours, elle mangeait déjà mieux. Elle disait elle-même qu’elle avait faim. Elle avait cette sensation de faim. »

Madame Liu : « Après avoir utilisé Nie Ji cinq à six jours, j’ai pu observer du changement. J’avais le sentiment qu’elle mangeait à nouveau à table — pas comme avant où il fallait lui courir après dans la pièce. »

Voix off : Pour la petite Fang Zi Mo, en 2010, après trois séries de traitement de 10 jours de massage, Madame Fang put observer des changements plus évidents.

Madame Fang : « Elle ne tombait pratiquement plus malade, ça allait beaucoup mieux. Il lui arrivait de temps en temps d’avoir mal à la gorge, je lui donnais alors un peu de pharmacopée chinoise pour soigner l’inflammation et ça disparaissait. »

Voix off : Ce qui est le plus embêtant dans les affections respiratoires, c’est leur répétition. Cette répétition rend l’enfant de plus en plus faible. Comment un simple massage du dos peut-il produire des améliorations aussi évidentes ?

Docteur Wu : « La méthode Nie Ji stimule les points d’acupuncture qui se trouvent dans le dos — en particulier sur trois méridiens. Au centre de la colonne se trouve le méridien gouverneur, qui commande l’énergie yang du corps entier. En le stimulant, on va pouvoir régler le yin et le yang de tous les organes ainsi que leurs fonctions. De chaque côté, sur le méridien de la vessie, on retrouve les points d’acupuncture en relation directe avec les cinq organes et les six viscères. »

Docteur Wu : « Les infections récurrentes des voies respiratoires chez les enfants viennent souvent d’une insuffisance d’énergie vitale. Lorsque l’énergie vitale est insuffisante, les énergies perverses peuvent profiter de cette faiblesse pour pénétrer le corps. C’est pour cela que chez ces enfants on observe des insuffisances au niveau des trois organes que sont les poumons, la rate et les reins. En massant avec la méthode Nie Ji, on va renforcer la rate, tonifier les poumons et les reins. De cette manière, on va renforcer la constitution des enfants fragiles, qui seront ensuite moins sensibles aux agressions extérieures. »


Deuxième partie : la technique en détail

Voix off : Après avoir vu que la méthode Nie Ji produisait des résultats, Madame Fang continua à pratiquer à la maison. Mais elle n’avait pas toujours confiance dans sa manière de masser.

Madame Fang : « En pratiquant à la maison, c’est sûr que je ne masse pas aussi bien que le médecin. Je ne suis pas une spécialiste, je n’arrivais pas à masser correctement certains points. Cela permettait donc juste d’aider un peu. Je pense qu’en la massant, il y a aussi un effet psychologique qui me faisait penser qu’elle irait mieux. »

Docteur Wu : « Si c’est un médecin de l’hôpital qui pratique, la méthode sera sûrement plus efficace. Les parents qui pratiquent à la maison n’arriveront pas forcément à masser au bon rythme — parfois ils ne seront pas assez persévérants. C’est pour cela que le résultat ne sera pas aussi bon qu’à l’hôpital. Mais pratiquée à la maison, la méthode Nie Ji est tout à fait possible. »

Voix off : Avant de commencer, quelques préparations sont indispensables.

Docteur Wu : « Avant le massage, il faut faire attention d’avoir bien coupé vos ongles pour éviter de blesser la peau de votre enfant. Ensuite, il faut relever les vêtements de manière à ce que le dos soit complètement découvert. Vous pouvez faire asseoir votre enfant sur une chaise, le coucher sur un lit, ou le mettre sur vos genoux — l’essentiel est qu’il soit sur une surface plate, le dos entièrement dégagé. Faites attention à ce qu’il n’attrape pas froid. »

Docteur Wu : « Étalez du talc de manière égale sur la zone à masser. Si vous n’avez pas de talc, vous pouvez utiliser de la poudre pour bébé. L’objectif est de rendre la peau plus lisse pour éviter les frottements. »

Docteur Wu : « Avec les mains, on va venir saisir la peau du dos. La partie dorsale de l’index va venir se coller contre la peau. Ensuite, avec les deux pouces, on va venir saisir la peau. Si on ne saisit pas assez de peau, cela va faire mal — il faut donc bien saisir toute cette partie. Depuis le bas de la taille, on va par alternance des mains venir saisir la peau du dos pour remonter jusqu’à la nuque. Partir du bas pour remonter jusqu’à la nuque compte pour 1 passage. »

Docteur Wu : « Pour renforcer la stimulation des points, on peut utiliser la technique 捏三提一 (Nie San Ti Yi) : après avoir saisi à trois reprises la peau en remontant, on tire légèrement vers soi la peau un petit coup. Un, deux, trois — et on tire une fois. »

Docteur Wu : « Le massage doit s’effectuer avant les repas, lorsque le ventre est vide. Si vous le faites après manger, attendez au moins deux heures. Si vous massez trop tôt après un repas, cela pourrait affecter le ventre de votre enfant — parfois il peut pleurer, et cela pourrait le faire vomir. »

Voix off : Et les résultats à long terme ?

Madame Liu : « Maintenant, elle s’assoit toute seule pour manger son bol de riz. Ses selles ne sont plus aussi sèches. Elle dort mieux — avant, quand il fallait dormir, elle pleurait tout le temps. Maintenant, elle dort bien. »

Madame Fang : « À tous les niveaux — le sommeil, les frottements de dents — tout est résolu. Sa qualité de sommeil s’est améliorée. Avant, son sommeil était entrecoupé de pleurs. Maintenant, une fois qu’elle s’endort, c’est jusqu’au lever du jour. »

Docteur Wu : « Si d’autres symptômes apparaissent chez l’enfant — s’il a moins d’appétit ou que ses selles sont sèches — on peut continuer à utiliser Nie Ji. Lorsqu’il y a un changement de saison, on peut aussi de manière préventive utiliser cette méthode pour éviter des maladies qui pourraient réapparaître. »

Journaliste : En principe, pour les enfants de plus de 12 ans, les médecins ne préconisent pas cette méthode — la stimulation sur les méridiens et les points d’acupuncture n’est plus assez importante. Nie Ji ne convient pas non plus aux enfants souffrant de maladies hémorragiques, de purpura, d’hémorragies sous-cutanées, de lésions cutanées sur la zone à masser, ou d’une hernie. En bref, avant de pratiquer Nie Ji, il est préférable d’en parler avec son praticien en médecine chinoise.


Nie Ji peut-elle être utilisée chez les adultes ?

Oui, avec des bénéfices plus limités. Chez l’adulte, la stimulation des points par cette méthode n’est pas suffisamment puissante pour avoir un effet notable sur les organes, mais elle peut apporter un soulagement réel pour certaines douleurs vertébrales. En favorisant la circulation du sang et de l’énergie le long de la colonne, Nie Ji peut contribuer à la régénération de tissus enflammés.

Si vous pratiquez sur un adulte, effectuez le massage chaque soir en semaine avec deux jours de repos le week-end. Après deux à trois semaines, des douleurs chroniques s’améliorent souvent sensiblement. Pour un traitement plus profond, des techniques comme l’acupuncture, la moxibustion ou les ventouses seront plus adaptées.


Zones douloureuses : ce que dit le corps de votre enfant

Si lors du massage vous détectez des zones sensibles le long de la colonne vertébrale de votre enfant, c’est une information précieuse : chaque niveau vertébral est en relation directe avec un organe. Une zone douloureuse indique que l’énergie n’y circule pas correctement.

Deux exemples courants :

  • Une sensibilité au niveau de la 11e dorsale oriente vers un déséquilibre du système digestif (rate / estomac).
  • Une sensibilité autour de la 3e dorsale est plus souvent associée à une fragilité de l’appareil respiratoire (poumons).

En répétant régulièrement le massage, ces zones douloureuses devraient progressivement disparaître, signe que l’énergie circule à nouveau librement.


Si vous avez des questions sur la pratique de Nie Ji ou du massage Xiaoer Tuina, n’hésitez pas à consulter votre praticien en médecine chinoise. Cette méthode vous permettra d’accompagner votre enfant au quotidien, en prévention comme en soutien des petits maux — mais elle ne remplace pas un avis médical.

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