Apprendre les bases de l’acupuncture en une soirée

Ce texte est issu du livre 中医人生 «Une vie de médecine chinoise» du Docteur Lou Shaokun, sur ses débuts dans la médecine chinoise, je vous invite à lire cette traduction que j’ai séparée en plusieurs parties afin que le plaisir dure plus d’une soirée.

Apprendre l'acupuncture

Au cours de la dernière année, j’étais encore en pleine hésitation, plein d’attentes, car apprendre la médecine chinoise et l’acupuncture était difficile, cela me semblait inatteignable. Durant cette période, j’ai lu beaucoup de livres, cependant je les lisais quand je n’avais rien d’autre à faire, sans en retirer aucun acquis. J’étais alors très désorienté sur le fait d’en faire mon métier dans l’avenir, à l’époque il n’était pas facile d’en parler.

Bien que le charme de l’acupuncture ait attiré mon esprit, après avoir été en contact étroit avec le professeur He, ma détermination à apprendre la médecine chinoise et l’acupuncture n’était encore pas fixe, j’étais en pleine hésitation, fallait-il persister ou arrêter ?

Au printemps 1965, je me suis rendu à pied en ville après une marche de cinq heures. Après avoir passé mon après-midi entre la librairie et la bibliothèque, j’ai dîné au restaurant. Quand la nuit était sur le point d’arriver, j’ai alors estimé que Maître He avait fini de travailler, j’ai donc décidé de me rendre directement chez lui.

Le professeur He et sa femme m’ont reçu chaleureusement, me reprochant juste d’avoir diné à l’extérieur. J’ai posé des questions sur la situation actuelle d’un patient que je connaissais qui souffrait d’œdèmes suite à une néphropathie. Le professeur He m’a alors dit qu’après un traitement d’acupuncture d’une demi-année, le patient avait progressé rapidement, les symptômes ressentis avaient presque disparu et les analyses de la médecine occidentale s’étaient également considérablement améliorées. Cette soirée là, Maître He a utilisé des exemples simples afin de répondre à beaucoup de mes questions. Concernant mes craintes, il a su trouver les mots afin de me stimuler :« L’acupuncture doit être pratiquée dès le début de son apprentissage, n’attendez pas d’en avoir percé tous les secrets pour l’utiliser. »

Il m’a alors dit avec beaucoup de sincérité : « Parce que la clef de la médecine chinoise réside dans son expérience clinique. » Peu à peu, les paroles de Maître He me séduisent et me redonne passion pour cet art. « Avec juste, une nuit d’étude théorique, tu auras les premières bases , pour ça il te faut un bon modèle, et une bonne introduction aux règles de base. »

Le professeur He m’a alors regardé avec enthousiasme et m’a dit : « Ce soir je vais t’emmener dans le royaume ou la transmission d’une phrase vaut la lecture d’un million de livres. » C’était une merveilleuse soirée de printemps, les excellentes explications du professeur He tirées de sa pratique clinique m’ont fait comprendre que les méthodes de base pouvaient s’expliquer en une phrase c’est ce qu’on appelle «la vérité et la simplicité ».

Il a alors transformé ses vastes et profondes connaissances en acupuncture en quelques étapes spécifiques. L’ensemble de l’enseignement est centré sur une approche globale des choses, de la saisie des moindres détails, en relation étroite avec la pratique clinique. Aujourd’hui, après plus de quarante ans, chaque mot qu’a prononcé le professeur He cette nuit-là, chaque expression du visage, chaque mouvement de doigt, je les ai vus de mes yeux, mais inscrits dans mon cœur. « La détermination du choix des points en acupuncture et moxibustion peut être envisagée sous cinq aspects. » Après le professeur He a alors étendu un à un les cinq doigts de sa main gauche: «Premièrement les huit points généraux, deuxièmement, les huit points de réunion, troisièmement, les points d’acupuncture locaux, quatrièmement, chercher les points douloureux du méridien Du , et cinquièmement, choisir le point d’acupuncture de façon symétrique à la zone malade.

Ces cinq méthodes pour choisir les points d’acupuncture ont l’air assez compliquées. Comment les maîtriser en une nuit ? » Le professeur He s’attendait déjà à cette question. En souriant, il me dit: « Ne t’inquiète pas, après te les avoir expliquées , tu vas lentement les comprendre. Premièrement, la méthode de sélection des huit points principaux. Il s’agit d’une méthode globale de sélection de points. » Il érigea le pouce de la main gauche et sourit en disant: « D’après la correspondance qu’ont ces 8 points avec les différentes parties du corps, l’acupuncteur va pouvoir soigner et diagnostiquer une grande partie des maladies. » En entendant cette phrase, j’ai été très étonné. Huit points d’acupuncture peuvent être utilisés pour traiter toutes les maladies, ce n’est pas une plaisanterie ?

Les huit points généraux

« Tu dois d’abord retenir cette chanson : La face hegu 合谷 (4 GI), la nuque lieque 列缺(7P), la poitrine neiguan 内关 (6MC), le ventre zusanli 足三里 (36 E), le dos weizhong 委中 (40V) , le flanc yanglingquan 阳陵泉 (34VB), le bas-ventre sanyinjiao 三阴交 (6Rt), le cerveau taichong 太冲 (3F) » a déclaré le professeur He avec grand enthousiasme.

Il a répété la chanson plusieurs fois avec moi jusqu’à ce que je me souvienne de cette trentaine de mots. Ensuite, il a pointé son pouce et son index sur les parties correspondantes de mes mains, bras, pieds et jambes et a marqué les points à l’encre. J’ai également appuyé à plusieurs reprises sur chaque point en récitant la chanson, en faisant attention à la sensation que j’avais en appuyant sur chaque point.

En moins d’une demi-heure, j’ai pu me familiariser avec la localisation et la fonction de chaque point. Ensuite, le professeur He a immédiatement procédé à un examen concernant le choix des points. Pour chaque syndrome énoncé le professeur He me demandait après avoir soigneusement désinfecté les zones, de me piquer avec une aiguille de 1 cun les points qui me semblait convenir au traitement. Par exemple, il me demanda ce que je devais piquer si mes yeux étaient rouges et gonflés. Après réflexion j’en ai déduit qu’il fallait piquer taichong et hegu, les yeux étaient en relation avec la face et le cerveau.

Ensuite il me demanda ce que je ferai pour une oppression thoracique, de l’angoisse et de l’insomnie. L’oppression thoracique et l’angoisse sont en lien avec la poitrine et le sommeil avec le cerveau. J’ai donc choisi de piquer neiguan et taichong. « Et pour des vomissements avec des douleurs d’estomac ? » C’est en lien avec le ventre j’ai donc piqué zusanli et neiguan. Pour des douleurs de la nuque, j’ai utilisé lieque et weizhong.

Après une demi-heure de mise en situation avec divers syndromes, j’ai pu utiliser ces huit points de manière flexible. En voyant que j’avais bien assimilé cette première méthode, j’ai pu constater que le professeur He était heureux. « Dans la discipline de l’acupuncture et de la moxibustion, les méridiens et les points d’acupuncture sont les plus importants », a-t-il déclaré. « Dans ces méridiens et points d’acupuncture, ces huit points sont les plus importants. Ces huit points nous ont été transmis par nos ancêtres et sont le fruit d’une expérience vieille de plusieurs milliers d’années, la sélection de ces points est obligatoire pour obtenir une efficacité clinique rapide.

Un débutant maitrisant l’utilisation de ces huit points aura déjà les bases d’une vision d’ensemble pour diagnostiquer et traiter un bon nombre de maladies. Le médecin ayant acquis cette conception globale pourra à tout moment s’appuyer dessus pour l’utiliser dans diverses situations. Bien entendu, la répartition des méridiens est également très importante, mais il est possible de l’apprendre petit à petit durant la formation clinique. Après avoir appris la théorie des méridiens, tu auras une compréhension encore plus profonde de l’application clinique de ces points. » Je ne pensais vraiment pas qu’après une heure d’apprentissage j’aurais autant d’acquis qui me permettent de disposer d’un cadre approximatif concernant l’acupuncture, qui m’était il y a encore quelques heures presque inconnue. La méthode d’enseignement de maître He est simple et magique, elle a su attirer tout mon esprit.

Depuis ce jour, j’ai repris espoir concernant mon parcours c’est à ce moment-là qu’une flamme a jaillit du plus profond de mon cœur et que les graines de l’espoir ont germé. Au cours de notre conversation, la femme du maître est entrée et sortie plusieurs fois, pour m’apporter à manger et du thé chaud. Parfois, debout à côté de nous, nous écoutant et observant, de par les expressions de son visage on pouvait remarquer qu’elle portait grand intérêt à la conversation.

Les huit points de réunion

Le professeur He a poursuivi son explication. « Le deuxième aspect concernant le choix des points en acupuncture et moxibustion, consiste à apprendre les huit points de réunion. Le professeur He déplia son pouce et son index afin de former le caractère 八(ba) avec ces deux doigts, ce qui signifie huit en chinois, et disant en souriant. « Les huit points de réunion concernent les organes, les viscères, le qi, le sang, les tendons, les vaisseaux, les os et la moelle. Il se répartissent de la manière suivante, premièrement les viscères zhongwan中脘 (12RM), deuxièmement les organes zhangmen 章门 (13F), troisièmement les tendons yanglingquan 阳陵泉 (34VB), quatrièmement la moelle juegu 绝骨 (39VB), cinquièmement les os dazhu 大杼 (11V), sixièmement le sang geshu 膈俞 (17V), septièmement les vaisseaux taiyuan 太渊 (9P), huitièmement l’énergie tanzhong 膻中 (17RM). Commençons déjà à en apprendre trois. »

D’après le ton du discours de maître He, je ressentais déjà le statut particulier de ces huit points et l’importance des trois premiers points que j’allais apprendre. « Professeur He, pourquoi zhongwan est relié au viscère et zhangmen aux organes ? Il est stipulé que toutes les maladies du tube digestif doivent d’abord envisager l’utilisation du point zhongwan. Tu sais où se trouve ce point ? » En hochant la tête j’ai indiqué du bout de mon index le point qui se trouvait entre la jonction du corps du sternum et de l’appendice xiphoïde et mon nombril.

Le professeur He a alors poursuivi : « Le point de réunion des organes zhangmen va pouvoir avoir une action sur l’insuffisance de l’énergie de la rate qui peut occasionner une insuffisance de jing, de qi de sang et de jingye. Dans ce cas, on utilise zhangmen.

-Professeur, qu’est-ce qu’une insuffisance de l’énergie de la rate ?

On trouve plusieurs sortes d’insuffisance d’énergie, l’insuffisance de l’énergie de la rate fait partie de l’une d’elles me dit le professeur He avec une grande patience. « Les manifestations cliniques d’un syndrome d’insuffisance de l’énergie sont les symptômes suivants : une fatigue mentale, voix basse, essoufflement et transpiration spontanée, langue pale et pouls faibles. Si tu ajoutes à ça, un teint jaune, une faible musculature, peu d’appétit, des selles collantes etc .. Nous aurons alors les bases d’un diagnostic en faveur d’une déficience de l’énergie de la rate. »

Le professeur He m’a appris les points d’acupuncture ainsi que les concepts de base de la médecine chinoise avec des principes faciles à comprendre, car chaque point et principe présentent une base de symptôme spécifique. « Est-ce que tu sais où se trouve zhangmen ? », demanda soudainement le professeur He. J’ai alors hoché de la tête de gauche à droite. Le professeur He a utilisé son index droit pour m’indiquer ce point situé devant une de mes côtes. « Sur le flanc, sous l’extrémité de la 11 ème côte. Lorsque le bras est tenu en position pliée contre le tronc, la pointe du coude désigne approximativement l’emplacement de ce point. Ceci est valable pour le point à gauche comme celui de droite.

L’utilisation des points de réunion se fait selon la méthode où l’on pique le point gauche pour les hommes et droit pour les femmes, pour les débutants il faut utiliser une aiguille de 0,5 pouce, ne l’oublie pas. » J’ai donc suivant les indications du maitre He, plié le coude gauche afin de pointer le point avec mon coude, ensuite j’ai avec l’index cherché le point à l’extrémité de cette 11eme côte afin de me rappeler qu’il s’appelait zhangmen et que c’était le point de réunion des organes.

Le professeur He en voyant que je prenais de plus en plus gout à ces informations a alors déclaré : « De ces six points d’acupuncture, celui que j’utilise le plus en clinique est yanglingquan, utilisé en particulier pour les maladies liées aux systèmes nerveux et aux articulation (spasme, crampe), en piquant yanglingquan tu auras souvent des résultats inattendus concernant les pathologies de tes patients. »

En entendant ça, j’ai alors tout de suite demandé à avoir un exemple. « Il y a beaucoup de ce genre de cas » a déclaré le professeur He, plus il parlait plus il le faisait avec enthousiasme.« Prenons l’exemple du voisin d’à côté qui souffrait du zona. Cela faisait déjà 15 jours que la maladie s’était déclarée, les vésicules à la surface de sa peau avaient déjà séché après la chute des croûtes, il y subsistait une tache rougeâtre. Sa peau restait très sensible on ne pouvait pas passer la main sur cette partie de ces côtes. Depuis il souffrait de crampes douloureuses dans tout le corps qui s’aggravaient la nuit surtout de minuit à trois heures du matin. Sa famille m’a alors demandé de venir l’examiner, je l’ai vu allongé sur son lit, il semblait anormalement nerveux.

Le premier point que j’ai alors piqué était Yanglingquan. Peu de temps après l’insertion de l’aiguille, le patient a déclaré qu’il était beaucoup plus détendu.

Ensuite, j’ai piqué neiguan et gongsun 公孙 (4Rt) de chaque côté et laissé les aiguilles 10 minutes.

-Et alors ça a été efficace ? » ai-je demandé.

« Le lendemain, sa famille m’a dit qu’il ne l’avait pas entendu se plaindre de la nuit », Maître He a alors baissé la voix et me dit d’une voix joyeuse. « Le patient a très bien dormi, au réveil il a mieux mangé que d’habitude. J’ai continué à le piquer comme ça, 5 jours après quoi le patient avait complètement récupéré. »

L’acupuncture était vraiment incroyable et mon cœur battait sauvagement. « J’ai choisi ces trois points d’acupuncture, selon deux méthodes, a déclaré professeur He, « La première est l’utilisation des huit points de réunion le second l’utilisation des points des huit méridiens merveilleux. Ces points sont des trésors transmis par nos ancêtres, en les utilisant il est difficile d’en estimer tout leur pouvoir. »

Les paroles de Maître ont rendu l’atmosphère soudainement solennelle.

Les points d’acupuncture locaux

« Venons maintenant à la troisième méthode concernant le choix des points d’acupuncture, » dit M. He, la voix un peu enrouée, il déclara : « On utilise les points d’acupuncture situés à la surface de la zone malade ou les points adjacents de la partie malade. C’est-à-dire que là où on a mal, on va pouvoir mettre une aiguille.

Cette méthode est la plus primitive et peut être la plus ancienne des méthodes concernant le choix des points d’acupuncture découverts par nos ancêtres.

Quand on a mal à la tête, on pique la tête, quand on a mal au pied on pique le pied, c’est aussi simple que ça. »

Le professeur He a tout de suite vu que j’étais un peu hébété, il a tout de suite compris les doutes que j’avais au fond du cœur et a dit : « Il ne faut pas sous-estimer cette méthode concernant les points de proximité. Son efficacité clinique est incontestable. Dans certains cas après une utilisation prolongée de médicament sans résultat, l’utilisation des points d’acupuncture à proximité de la zone affectée va facilement résoudre le problème.

Si après avoir piqué, on utilise une ventouse ou alors on fait une petite saignée à l’aide d’une aiguille triangulaire suivie de la pose d’une ventouse, tu pourras alors obtenir un effet encore plus satisfaisant. »

Lorsque la femme du maitre a vu que je n’avais encore pas tout saisi, elle a donné un exemple pour prouver le bien-fondé de cette méthode.

« Un enseignant d’âge moyen est tombé accidentellement alors qu’il faisait de la bicyclette il y a deux ans, son talon droit était écorché.

Plus tard, la peau environnante s’est infectée et après des soins cela ne guérissait toujours pas, et cela durant une longue période.

Pendant deux ans, il ne pouvait pas porter de chaussette ni de chaussure, que des pantoufles. Il est alors venu consulter ton maitre.

Après l’avoir désinfecté, il a utilisé une petite aiguille d’un cun et a tout autour de la blessure, à quelques millimètres des bords, piqué pour faire saigner un peu.

Et ça une fois tous les deux jours, après trois séances, la cicatrice a commencé à se refermer progressivement. »

Après avoir présenté ce cas, elle me dit : « L’effet de l’acupuncture est vraiment incroyable. Tu dois étudier sérieusement, cela te sera très utile dans le futur. »

Le professeur He m’a ensuite présenté les précautions à prendre concernant les points d’acupuncture.

« Avant d’effectuer la puncture, afin de ne pas avoir d’accident, tu dois d’abord connaitre les différentes parties du corps à ne pas piquer. »

Il devint alors soudainement très sérieux : « Dans un premier temps il y a trois parties où tu ne dois pas piquer » déclara solennellement le professeur He.

« L’une est la zone située sous l’occiput, comme les points fengfu 风府 (16DM), yamen 哑门 (15DM), fengchi 风池 (20VB) … Ils sont trop proches de la moelle allongée, si tu n’y fais pas attention de gros problèmes peuvent arriver. Au début des années 50, c’était la mode de piquer profondément fengfu pour soigner des maladies mentales. Toutefois, avec cette technique, il y eu de nombreux accidents graves, il y a aussi la puncture de yamen pour soigner les sourds et muets qui là aussi a provoqué des incidents malheureux. Je pense que si nous pouvons piquer la poitrine et l’abdomen, nous devons éviter les cinq organes internes, pour la tête il faut que tu retiennes par cœur que si tu touches le cerveau alors c’est la mort assurée, il faut le garder à l’esprit lors de la pratique, en cas d’erreur il est impossible de revenir en arrière. »

Ayant peur que je n’y prête pas attention, il m’a fait venir près de lui, il a alors posé une main sur le dessus de ma tête et les doigts de son autre main le long de mon occiput sur les points de fengfu yamen et fengchi, dans le but d’attirer mon attention sur cette zone.

Il a ensuite parlé de deux autres endroits où je ne devais pas piquer : « L’un est l’œil et son environnement l’autre est le nombril. Ah oui et il y a encore un endroit où tu ne dois pas piquer pour le moment c’est le point Tiantu 天突 (22RM)» lorsqu’il a parlé de Tiantu, il a pointé avec son index le creux qui se situait au-dessus de mon sternum entre mes deux clavicules en m’expliquant quand même la méthode de puncture de ce point.

« Professeur, peut-on utiliser la moxibustion sur le nombril ?

Le point du nombril est nommé” Shenque ” 神阙 » déclara le professeur He, il me dit alors que c’était un point très important et que le mieux était d’ajouter du sel dans le nombril et de brûler le moxa par-dessus.

Au départ, je voulais demander pourquoi, puis j’ai pensé que c’était une question sans fin, et je ne lui ai donc pas posé la question.

Le Maître s’est alors arrêté pour penser et a ensuite ajouté : « Tu dois d’abord pratiquer l’acupuncture sur ton propre corps. Après avoir maîtrisé la technique de puncture, tu pourras piquer des patients. Il existe deux types de techniques : celle qui consiste à tourner l’aiguille de gauche à droite ainsi que celle qui consiste à soulever et enfoncer l’aiguille de haut en bas jusqu’à obtenir le deqi. »

Le phénomène deqi est devenu banal pour moi, car j’avais déjà testé ça sur mon père à de nombreuses reprises.

Il continua à suivre le fil de ses pensées : « Le phénomène de “de qi ” sur les méridiens est très étrange. En tenant l’aiguille avec trois doigts on peut avoir la sensation qu’il y a quelque chose sous l’aiguille une sorte d’énergie.

Un champ d’énergie active qui se confronte à la force des doigts qui bougent et poussent constamment, avec une certaine attraction. À ce moment le patient ressentira à l’endroit où est l’aiguille une sensation de lourdeur qui tire et qui peut être douloureuse, cette sensation peut se propager vers le bas et vers le haut du méridien. »

Tout à l’heure quand je me suis piqué j’ai pu ressentir quelquefois ce genre de sensation que décrit le maître He. Il semble que l’obtention de “Deqi” est un phénomène clinique qui se produit souvent, et qui n’a rien de mystérieux.

Il y a encore deux choses à noter quand le maître He pique, la profondeur de la puncture lorsqu’on pique la poitrine, l’abdomen et le dos. Quand on commence à pratiquer l’acupuncture, il ne faut pas aller au-dessus de 0.5 cun de profondeur, l’autre chose auquel il faut faire attention concerne les personnes faibles, ou qui ont eu une activité physique trop intense et qui ont ainsi consommée beaucoup d’énergie, afin de prévenir de l’évanouissement du patient dû à l’acupuncture il faut coucher les patients à plat.

Il m’a également donné des explications détaillées concernant ce phénomène d‘évanouissement.

J’étais très curieux de savoir comment une si petite aiguille pouvait provoquer cela sans même avoir utilisé de médicament.

Cependant, je n’en ai pas demandé plus, je l’ai retenu pour le demander plus tard.

Chercher les points douloureux du méridien Du

« Beaucoup de maladies peuvent se refléter sur la colonne vertébrale, en y cherchant des sensations anormales et des points sensibles. »

Il parlait d’un ton assuré.

« Dans la méthode de choix des points d’acupuncture, il est indispensable de rechercher les “points Ashi” situés sur le méridien Du.

Le point Ashi est un point sensible et douloureux qui apparaît à la surface du corps humain, l’utilisation clinique de ces points permet d’obtenir de très bons résultats. »

J’ai donc inscrit le “Point Ashi” sur le méridien Du comme étant la quatrième méthode pour choisir les points.

Il m’a alors demandé de me coucher sur le ventre et avec le pouce à commencer à appuyer entre chacune de mes vertèbres de mes cervicales jusqu’à mon coccyx.

Tout en appuyant, il a déclaré : « Le point de Dazhui situé sous l’apophyse épineuse de la septième vertèbre cervicale est un point d’acupuncture important. Il a un effet bénéfique sur les maladies de la tête, du cou, des épaules et de la fièvre.

Le point Zhiyang 至阳 (9DM) est lui aussi très important il a un effet bénéfique sur les maladies de l’estomac, de la poitrine et du flanc.

La porte de la vie Mingmen 命门 (4DM) est en dessous de la deuxième lombaire est un point d’acupuncture important pour les lombaires et le bas-ventre il possède des vertus pour soigner les problèmes gynécologiques. Toutes les manifestations cliniques des maladies provoquant une douleur sur la colonne vertébrale, nous donnent ainsi une information importante concernant le point à piquer. »

À travers cette mise en situation et ses explications, j’ai pu relier mes connaissances concernant les points d’acupuncture à celles des méridiens, je pouvais les visualiser et les toucher, j’ai alors eu un déclic et compris ce système.

On a alors reparlé de ces points, Dazhui, Zhiyang et Mingmen, il m’a fait remarquer que ces trois points étaient liés au chiffre sept. Dazhui est sous la septième cervicale, le point Zhiyang sous la septième dorsale, et Mingmen sous la 14 ème vertèbre donc 2 fois sept , douzes dorsales et deux lombaires.

Pour me permettre de mieux saisir l’essentiel de cette méthode de pression sur Dumai, maître He m’a prié de m’exercer sur son dos afin de voir si la pression exercée était la même du haut en bas.

Après ça il m’a fait part de son expérience : « Avec cette méthode il est très simple de choisir les points, mais lors de cet exercice, il est essentiel que la force exercée le soit au bon endroit, mais aussi avec la même force. »

Après avoir dit cela, il m’a aussi jeté un regard particulier et m’a dit avec le cœur lourd : « Ce principe est facile à comprendre, mais il n’est pas forcément si facile à pratiquer. »

Il voulait alors connaitre mon point de vue concernant cette difficulté, alors il m’a demandé : « Sais-tu pourquoi ? »

Je n’ai jamais rencontré ce genre de problème, je lui ai alors dit non de la tête.

Il acquiesca et poursuivit : « Pour les acupuncteurs, il est de bon sens d’utiliser une pression uniforme sur les points en surface du corps. Cependant, lorsqu’il est pris par le temps, il peut augmenter inconsciemment sa pression sur les points qu’ils pensent être sensibles, afin de prouver qu’il a raison. Ce comportement est souvent inconscient, alors il faut y porter une attention particulière. »

Les paroles du professeur He avaient vraiment du sens, l’objectivité du médecin était très importante afin d’obtenir de vraies informations cliniques sur le patient.

Je me suis souvenu fermement de ses paroles et de toute ma vie je ne les ai jamais oubliées.

Le choix des points de manière symétrique

«Commençons par raconter une histoire » maître He a commencé à fumer une cigarette, après une courte pause il reprit son histoire. 

« Le Japonais Danbo Yuanjian a écrit “Maladies diverses et maux de tête” dans ce livre on trouve une formule pour soigner les migraines de Wang Anshi, disant qu’il s’agissait d’une recette secrète. Utilisant environ 10ml de jus de radis cru, il fallait se coucher et pour les personnes souffrant de migraine à droite, injecter le jus par la narine gauche et l’inverse pour une migraine coté gauche. Pendant des décennies cette méthode a soigné bon nombre de patients. Ce traitement est pour moi une méthode particulière d’acupuncture. Qui pourrait être appelée “méthode de puncture par les plantes”.

Pour moi le rôle principal du traitement est son action sur les points d’acupuncture et les méridiens qui passent dans le nez, la fonction du jus de radis n’est que secondaire. Sinon, pourquoi mettre l’accent sur le fait que quand la douleur est à gauche injecter à droite et quand la douleur et à droite injecter à gauche. 

Les gens de cette époque qui ont découvert cette méthode ne connaissaient pas les méthodes de choix de points d’acupuncture transverse à la zone malade, ce n’est qu’avec une précieuse expérience qu’ils ont pu le découvrir et le comprendre ». 

L’histoire du Maître était vraiment attrayante, il préparait le terrain pour la suite. 

« Le cinquième aspect concerne le choix des points de manière symétrique ». C’est avec beaucoup d’enthousiasme qu’il me parla de cette méthode appelée “miu ci” issu du Neijing, l’effet sur les douleurs articulaires est vraiment très efficace. On peut l’utiliser de deux manières, l’une étant le choix des points de façon symétrique à la douleur gauche droite, et l’autre étant l’utilisation de points de manière transversale. 

Le Maître s’est approché de moi et a pris ma main droite et a dit : « Par exemple, si ton poignet gauche est douloureux, si on utilise la première méthode, je vais utiliser une aiguille d’un cun pour piquer ton poignet droit. Après avoir piqué, je vais faire tourner rapidement l’aiguille de gauche à droite et faire des mouvements de va-et-vient de haut en bas pendant environ 30 secondes ». 

Il s’est soudainement accroupi et a pointé son doigt vers l’extérieur de mon pied droit et a dit : « En supposant que ton poignet droit soit douloureux, en utilisant la deuxième méthode je vais choisir un point qui correspond à la zone douloureuse de ton poignet droit sur ta cheville gauche à l’aide d’une aiguille d’un cun que je vais manipuler pendant 30 secondes ». 

Puis, il m’a posé une question : « Si tu avais une entorse de la cheville gauche, qui est maintenant très douloureuse quand tu marches. Comment procéderais-tu en utilisant la méthode de symétrie gauche droite de choix des points ? » 

Après cela, il me donna une aiguille d’un cun, du coton alcoolisé et me demanda de me piquer à l’endroit que je pensais juste. 

Selon ses pensées, j’ai cherché le point correspondant à ma douleur sur la cheville gauche et j’ai reporté ce point sur ma cheville droite de façon symétrique. Après avoir désinfecté la zone, j’ai piqué et manipulé l’aiguille durant 30 secondes.    

Le Maître me regardait avec une grande concentration afin de contrôler chacun de mes gestes, puis a hoché la tête avec un sourire. 

Ensuite, j’ai poursuivi avec la deuxième méthode et reporté le point douloureux de façon transversale sur mon poignet droit pour y mettre une aiguille et la tourner de gauche à droite en faisant des mouvements de va-et-vient de haut en bas pendant 30 secondes. 

Comme je n’avais pas l’habitude de cette technique, je n’ai pas obtenu de Deqi, après l’insertion de l’aiguille j’ai même pu ressentir quelques douleurs à l’endroit où j’avais piqué, mais tout cela ne m’empêchait pas d’être très heureux et content de moi. 

Après plus de trois heures d’explications, Maitre He m’avait transmis son savoir concernant ces 5 méthodes. 

Cette nuit-là, j’ai dormi dans le petit lit à côté de Maître He.  

Il a souligné à plusieurs reprises que pour mon avenir, je devrais aussi me consacrer à l’acupuncture. « La porte de l’université est maintenant fermée pour toi, mais la porte de l’auto apprentissage restera toujours ouverte. Ton choix concernant cet apprentissage est très important, selon la situation sociale actuelle, l’apprentissage de la littérature donne un futur imprévisible, la science et l’ingénierie manquent de moyen et la médecine occidentale a besoin d’un meilleur enseignement, manque d’expérimentation et d’équipement. Par conséquent, l’apprentissage de la médecine chinoise et de l’acupuncture est ta seule option viable ». 

Ses paroles me plaisent, mais je comprenais aussi que toutes les disciplines ne pouvait pas être apprises de manière autodidacte et que c’est pour cela qu’il faut bien la choisir, car c’est très important pour l’avenir. 

Ce qui m’a vraiment touché, ce sont ces paroles : « Tu vis et travailles à la campagne, et tu vas peut-être y rester durant toute ta vie. Dans une région rurale où les médecins sont rares, si tu ne comprends pas la médecine, alors que vas-tu faire le jour où tu seras malade ça peut devenir très dangereux, la fièvre, les douleurs abdominales, la diarrhée, les douleurs lombaires… 

Ces maladies courantes peuvent survenir de temps en temps, pour les adultes ça va encore, mais pour les enfants c’est plus embêtant. Par exemple un enfant qui fait de la fièvre en pleine nuit. À ce moment-là, tu auras très peur ne sachant pas ce qui t’attend. » 

Je n’avais jamais eu à penser de cette façon. Après avoir écouté ces paroles, j’étais vraiment très ému.

En réfléchissant à ma situation, j’avais vraiment l’impression que l’apprentissage de la médecine et de l’acupuncture était le meilleur choix pour moi. 

Maitre He était alors à moitié endormi, mais il parlait encore de la répartition et de la fonction des douze méridiens et des huit méridiens merveilleux, ainsi que les points principaux de chaque méridien. 

Puis soudainement, il s’est rassit dans son lit et me dit: « Je vais te poser une question afin de voir si tu as bien compris ce dont nous avons parlé ce soir? » 

J’ai alors pensé que cela devait être en rapport avec un cas clinique, alors j’ai immédiatement repris mes esprits. 

« Si tu rencontres un patient inconscient, comment vas-tu choisir tes points d’acupuncture ? » demanda-t-il, avant d’ajouter lentement : « S’il n’y avait pas d’autre possibilité de diagnostic et de traitement en jeu. » 

Je pense que l’inconscience est principalement en lien avec le cerveau. Il est impossible de ne pas prendre la combinaison de Hegu et Taichong. Cependant, la médecine chinoise considère que le cœur régit l’esprit et le cœur est dans la poitrine, il convient donc d’ajouter le point Neiguan. 

J’ai donc informé le maitre de mes choix. 

Il sourit alors avec satisfaction son rire réveilla sa femme alors endormie qui nous conseilla de nous coucher tôt, avant de se retourner pour dormir. 

« Très bien, tu as déjà saisi l’esprit de l’utilisation des huit points principaux. » Le Maître m’a alors chuchoté : « Ces quatre points que tu as choisis ” Hegu “et ” Taichong ” utilisés ensemble ils ont la fonction de réveiller le cerveau. 

Le point neiguan quant à lui va activer le cœur et l’esprit. Ce point, non, ces deux points un à gauche et l’autre à droit sont essentiels dans ce cas. » 

J’ai alors souri secrètement, je ne pensais pas avoir répondu si justement. 

Mais j’avais souri trop tôt, il me dit alors : « Malheureusement, tu as oublié un point des plus important. Il faut dire que je ne t’en avais encore pas parlé. C’est le point Renzhong. 

On parle de ce point dans le livre “Le rêve dans le pavillon rouge”. 

Quand Bao Yu apprend que Lin Daiyu veut partir alors elle s’évanouit brusquement 

Li Yanyan va alors prendre son pouls et ensuite appuyer sur ce point au-dessus des lèvres et ainsi la réveiller. » 

Après avoir passé toute la nuit à parler, j’ai finalement entendu une histoire qui me semblait familière, alors j’ai repris le sujet pour rapidement informer le maître que je connaissais ce point qui se trouve entre le nez et les lèvres. Et que c’était un point très utilisé pour les premiers secours. 

« C’est vrai, renzhong (26DM) est un point efficace pour toutes les pertes de connaissance » dit-il joyeusement. « Justement, il est situé entre le tiers supérieur de la distance entre le nez et la lèvre supérieure. 

M. He, plus enthousiaste déclara : « En te basant sur les cinq méthodes de choix de points d’acupuncture dont je t’ai parlé ce soir, je vais te donner maintenant un exercice complet. » 

Après une petite pause, il a alors déclaré : « Face à une patiente qui souffre de dysménorrhée, elle souffre également d’une douleur sous la deuxième lombaire. Que ferais-tu ? » 

J’ai réfléchi en fonction des cinq méthodes apprises aujourd’hui : « Selon la première méthode, j’ai choisis Zusanli et Sanyinjiao, selon la deuxième méthode, j’ai choisi le point de réunion du sang Geshu selon la troisième méthode, je vais chercher des points douloureux au niveau du bas ventre pour faire des petites saignées et y poser des ventouses, selon la quatrième méthode, je vais effectuer une petite saignée sur mingmen et y poser une ventouse. Selon la cinquième méthode, je vais refléter les points douloureux du ventre de la patiente et les transposer au niveau du bas de son dos pour y faire des petites saignées et y poser des ventouses. 

Après m’avoir écouté, le maitre He avait l’air très satisfait, notamment parce que j’avais pensé à choisir le point geshu. 

Mais il me dit qu’il était possible de choisir ces points bien plus simplement et qu’il n’était pas forcément nécessaire d’être aussi complet. 

« Pour le diagnostic et le traitement de la dysménorrhée » a-t-il déclaré : « Lors de la crise aiguë, le point yaoyangguan qui se situe sous la 4 ème lombaire a de grandes chances d’être douloureux. 

C’est le point de prédilection pour le traitement de la dysménorrhée. Bien entendu, le principe le plus simple et de piquer là où ça fait mal. » 

« Quoi d’autre ? » Demandai-je avec impatience. 

« Une forte stimulation des deux-points sanyinjiao, à l’aide d’une aiguille de 2 cun », a-t-il déclaré. 

Dans la zone de weizhong s’il y a des petits vaisseaux apparents alors on peut les piquer et y poser des ventouses. En ce qui concerne le point douloureux du bas ventre, il est préférable de ne pas y faire de saigner, mais plutôt de la moxibustion. » 

Les différentes opérations cliniques à effectuer étaient bien plus variées que la théorie initiale. Il fallait arriver à les utiliser de manière flexible. 

« Grâce à l’analyse de ce syndrome, tu sais maintenant qu’il faut allier flexiblement la théorie à la pratique elles dépendent l’une de l’autre. Pratiquer sans orientation théorique c’est comme être aveugle, souviens-toi également que s’écarter des pratiques théoriques se transforme souvent en un dogme vide de sens. » 

Nous bavardions lorsque j’ai senti que le son autour de moi disparaissait. Seule la voix du maître flottait dans mes oreilles. 

C’est dans cette sonorité que tout doucement je suis rentré dans mes rêves. 

Le lendemain matin, j’ai dit au revoir à Maître He et à sa femme. 

Avant de partir, le professeur a souligné à plusieurs reprises que l’introduction à l’acupuncture était facile à apprendre, mais que la maitriser profondément en était difficile, qu’il était nécessaire d’utiliser toute une vie de dur labeur pour l’apprendre, et qu’elle ne devait jamais être prise à la légère. 

En même temps, je me disais que j’allais devoir étudier durement la théorie des méridiens, et que je devrais me souvenir de ce que je comprenais lorsque j’étudiais et que lors de la pratique je devais attentivement percevoir le sens profond des théories de la médecine chinoise. 

C’est une nuit qui a changé mon destin. Ce que maître He m’a dit je l’ai utilisé pendant une demi-vie. 

Jusqu’à présent, depuis plus de 40 ans, certains de mes cas importants ont été soignés grâce à l’utilisation de ses combinaisons d’acupuncture et de plantes. 

Le fondement sur lequel repose le choix des points d’acupuncture est pratiquement indissociable aux cinq méthodes évoquées par maitre He cette nuit-là. 

Bien sûr, ce dont il parlait n’était qu’une question d’ordre général et de principe directeur, qui doivent être approfondis et affinés en permanence, par l’intermédiaire de l’expérience clinique afin d’en enrichir son contenu. 

Pour un débutant un peu craintif comme moi maître He a réussi à me faire perdre ma timidité et me sortir du brouillard afin de me faire avancer avec audace. 

En passant cette porte qu’est l’apprentissage de la médecine chinoise, j’ai pu constater que, même si les choses ci-dessus commençaient à prendre forme, il y aura toujours plus de choses à maîtriser que de chose que vous connaissez. 

Cependant, le plus important, c’est que, dans le moment le plus critique de ma vie, cet ancien qui est pour moi maintenant inoubliable, toujours derrière moi pour me pousser, m’a ouvert une route qui m’a permis de survivre jusqu’ici. 

Nous arrivons à la fin de ce passage du livre du docteur Lou Shaokun, j’espère qu’il vous aura plus et qu’il vous donnera l’envie d’aller plus loin. Quelqu’un de sérieux désirant apprendre la médecine chinoise devra obligatoirement passer par une école ou une université pour avoir des bases solides.

J’ai essayé de vous restituer le plus fidèlement possible le contenu de ce texte. Il est certainement possible d’en faire une meilleure traduction. Je vais essayer de continuer à vous faire profiter de certains textes jusqu’à présent encore difficilement accessibles.

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